Trois jeunes solistes françaises

MOZART vs. JOLIVET, c’est la Jupiter bien sûr, mais surtout trois concertos qui s’alternent sur les trois dates. Piano, flûte, harpe : les trois solistes sont des jeunes, des femmes, elles terminent ou viennent de terminer leurs classes dans les plus prestigieuses écoles. Petit aperçu.

Camille BelinCamille Belin, piano

David et Camille se connaissent depuis longtemps : ils se sont rencontrés sur les bancs du Conservatoire de Toulouse et ont déjà travaillé ensemble. Rachmaninov, Beethoven… aujourd’hui c’est au tour de Mozart et de son concerto n°27. Troisième prix du concours Aldo Ciccolini à Rome et lauréate de plusieurs concours, c’est avec Rena Shereshevskaya, à l’Ecole Normale de Musique de Paris, qu’elle se perfectionne actuellement en cycle de concertiste.

Pourquoi le Vingt-septième ? Parce que plus que dans tout autre concerto, on y réalise que la simplicité n’est qu’une illusion chez Mozart. La musique est si pure que la moindre imperfection la trouble ! Chaque note de son dernier concerto révèle un peu plus l’extrême complexité de la simplicité de cette musique.

Ludivine MoreauLudivine Moreau, flûte

C’est également à Toulouse que David rencontre Ludivine. Les étapes suivantes, à Dresde, puis aux CNSM de Lyon puis de Paris, lui permettent de faire de la musique contemporaine un sujet d’étude, sinon une spécialité – un mémoire, un diplôme d’artiste interprète, et c’est aujourd’hui avec un intérêt non dissimulé qu’elle se lance dans Jolivet :

Pour Jolivet, le son de la flûte était le « souffle de vie ». Cet instrument était donc pour lui synonyme d’ancestral, d’originel et même d’organique. Son Chant de Linos en est la preuve. Dans son concerto pour flûte et orchestre à cordes, composé en 1949, il exploite encore les nombreuses facettes de cet instrument dans une forme lent-rapide-lent-rapide, quatre mouvements mêlant tendresse, rythme, spirituel et déchirement. Il est pour moi d’une richesse de sonorités immense. Il permet à l’interprète de puiser au fond de lui-même et de retranscrire et transmettre au public des sensations presque primitives.

Anaëlle TourretAnaëlle Tourret, harpe

Après un cursus au PSPBB, c’est à Hambourg, avec Xavier de Maistre, qu’Anaëlle se perfectionne. La musique de chambre et l’orchestre tiennent sans doute autant de place dans sa vie de musicienne. Son attrait pour la musique contemporaine est manifeste et elle le prouve en travaillant auprès de  l’IRCAM pour la « Harpe Midi ». Le concerto pour harpe de Jolivet est l’occasion de retravailler un répertoire délaissé :

Extrêmement peu joué et injustement méconnu par rapport aux autres « grands classiques » de notre répertoire, le concerto de Jolivet représente parfaitement ma volonté de faire découvrir la harpe sous un jour nouveau et de l’extraire de son image d’instrument de salon. C’était la démarche à l’époque de Lily Laskine, qui créa ce concerto et qui se plaçait déjà dans ce souhait de mettre notre instrument au service des compositeurs. Je me réjouis de cette occasion prochaine de faire découvrir cette pièce magnifique au grand public grâce à la belle initiative de David Molard et de l’OJIF !